Les temps sauvages – Ian Manook

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Happés dès les premiers pages, on est entraînés dans un thriller riche, très dense, où l’histoire se dévoile au fur et à mesure des événements, bizarre d’abord, glaçante ensuite (au propre comme au figuré, d’ailleurs), drôle aussi, avec une foule d’intervenants plus ou moins bien intentionnés, et où l’auteur continue à nous faire découvrir des endroits du monde un peu oubliés de tous, où l’influence du monde occidental se fait trop importante sur des pays où la transition est trop brutale pour être juste. 

Les personnages, petit nouveau inclus, sont toujours aussi sympathiques, même si Yeruldelgger est, dans cette histoire, un homme rongé par la colère, aveuglé même parfois, et que le ton de l’histoire change à cause de ça. On ressent toute l’urgence des sentiments de Yeruldelgger, et c’est une aventure qu’il va gérer en solitaire, comme un loup isolé, que la meute continue tout de même à soutenir de loin, soutien qui s’avère primordial à sa survie.

On voyage entre la Mongolie, évidemment, la Russie, la Chine et on passe par la France et le port du Havre. On ouvre une fenêtre assez sombre sur cette partie du monde, loin du folklore mongole que nous présentait l’auteur dans le premier épisode.

C’est un livre qu’il faut digérer. Je ne peux pas dire que la lecture a été facile, et j’ai même douté un moment d’avoir apprécié l’histoire. Après avoir laissé un peu poser tout ça, et lu les commentaires de ça et de là sur internet, je comprends que c’est un livre qui demande du temps, parce que c’est un livre dense, compliqué, et qu’il faut le savourer.

C’est une saga, une épopée, qui tient dans un tome, quand l’auteur aurait pu en faire des tartines avec la même histoire. On a donc un concentré fortement dosé, où chaque mot et chaque événement à son importance et où le lecteur doit accepter de se faire trimbaler d’un coin à l’autre du globe pour poursuivre un vilain trafic et de très vilaines gens.

Ce n’est pas un livre à prendre à la légère, ce n’est pas un énième thriller jetable, c’est une vraie histoire et c’est très fort. Mais, même si certains passages sont bourrés d’action, de testostérone et de violence, rien à voir avec le dernier Mission Impossible, les ingrédients font que c’est bien plus profond que ça. C’est un livre qui marque le lecteur, mais qu’il faut prendre le temps de lire d’une part, et de digérer ensuite.

Notons au passage que l’auteur doit être un fin gourmet, nos héros prennent souvent le temps de manger dans l’histoire, et même si on parle de MacDo, bizarrement, on ne parle pas de burgers, mais de petites choses bien plus traditionnelles et régionales, mais que l’on a tendance à délaisser pour des choses plus à la mode.

Vous voilà donc prévenus, amis lecteurs, pour ne pas vous perdre dans l’histoire, prenez le temps! Je ne l’ai pas assez fait, et j’ai frôlé l’indigestion. Impossible de savoir si c’est ma faute où celle de l’histoire! Mais, une fois les choses décantées, il reste quand même une sacrée histoire… ça vaut donc la peine.

528 pages, Ed. Albin Michel, 2015.

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