Les enfants du cap – Michèle Rowe

Les enfants du cap - Michèle RoweLes avis sont mitigés sur ce livre, et je comprends pourquoi. Tout est une histoire, à mon sens, de point de vue de départ: vous attendez un polar ou vous attendez un roman qui se passe en Afrique du Sud.

Et c’est vrai qu’on part quand même un peu orientés, puisqu’un joli bandeau sur la couverture dit clairement que c’est un polar. Alors que, j’ai lu, très justement je trouve, des commentaires qui parlent d’un roman….

Du polar, ce livre aura le meurtre, et l’enquête, même si l’intrigue ne suffit pas à elle seule à porter le livre. L’auteur se concentre beaucoup sur les conditions de vie, les préjugés, la position de la femme, la vie des noirs post Apartheid, la vie des blancs, le développement économique mais aussi la corruption, la violence, la misère…etc, et l’intrigue peine à avancer dans tout ça.

J’ai traîné la patte aussi, et le résumé ne m’a pas aidé puisqu’il annonce un duo qui n’arrive qu’à la fin de l’histoire… mais qu’on attend tout du long…

Un roman sur fond d’enquête criminelle qui se passe en Afrique en Sud, voilà ce qu’est ce livre. Les amateurs de polars pur jus ne sont pas tous contents du voyage, et je les comprends! Pas un page turner chez moi, pas sûre de retenter l’aventure avec cet auteur.

(et du coup, j’ai déjà pris du retard dans les articles de blog…. !)

Bref, je ne vais pas vous coller le résumé en entier, puisqu’il ma déplu, mais voici la version qui me paraît suffire:

Persy Jonas, jeune inspectrice noire issue d’un township, enquête sur un meurtre qui la renvoie à sa propre histoire. 
Tensions raciales, préjugés, corruption, violence… Avec cette première enquête de Persy Jonas, couronnée par le Debut Dagger Award, Michèle Rowe autopsie la réalité sociale d’une Afrique du Sud postapartheid rongée par ses vieux démons.
 
Plus que l’intrigue, classique et bien troussée, ce sont le décor et le contexte politique qui contribuent à l’originalité de ce roman. Pascale Frey, Elle.

512 pages, Ed. Le Livre de poche, 2017. Trad. E. Ménévis

L’île du serment – Peter May

L'île du serment - Peter MayJ’ai lu tout (sinon tout, du moins beaucoup) de Peter May. Grand chouchou avec la saga chinoise que j’ai dévorée, surprenant avec la saga écossaise (quel changement de décor et d’ambiance!), bref, je ne suis pas sûre d’être tout à fait objective quand il s’agit de cet auteur.

On embarque cette fois ci pour un décor radicalement différent, les îles de la Madeleine, loin, là haut, au Canada. Huis clos étouffant, mais ce n’est pas une nouveauté dans le style de l’auteur. Paysages magnifiques, bouffées d’air frais et pur, on vit la nature comme dans tous les autres romans de l’auteur, et, alors que j’ai lu le livre il y a quelques temps, c’est vraiment cette partie là que je garde de manière très précise en mémoire.

L’histoire est d’apparence assez banale, un meurtre à résoudre, un suspect facile, mais elle prendra une dimension différente, un peu mystique, pour faire écho à des événements survenus quelques siècles plus tôt.

Ce n’est donc pas un polar conventionnel, mais plutôt un roman qui mêle intrigue policière, roman d’aventures (par le côté nature, découverte d’un endroit méconnu, etc – pas du tout par l’action) mais également une belle histoire d’amour, un peu mélancolique par moments. Ingrédients qui peuvent ne pas plaire aux amateurs de polars purs jus… J’ai accepté de me laisser entraîner dans l’histoire, et même si je reconnais volontiers que ce n’est pas le meilleur que j’ai lu de cet auteur, c’est tout de même un moment fort sympathique, et rien que pour l’air chargé d’iode et d’embruns que j’ai pu respirer pendant quelques pages, j’étais ravie du voyage.

Les fans de Peter May suivront, je suis moins convaincue que les autres nous retrouveront. Si toutefois vous n’êtes pas lecteur, jetez vous sur la série chinoise et/ou sur la série écossaise, vous ne serez pas déçus!

Pour la 4e de couverture: Kirsty Cowell a-t-elle poignardé son mari à mort, cette nuit tourmentée sur Entry Island, à l’extrême-ouest du Canada ? Tous le croient, tout l’accable et pourtant Sime Mackenzie, l’enquêteur chargé de l’interroger, ne peut se résoudre à l’accuser. Mais cet étrange sentiment de familiarité qu’il éprouve à son égard n’est-il pas une arme dangereuse offerte à une femme manipulatrice ? À moins que les rêves étranges qui le ramènent à la vie de son aïeul, émigré des Hébrides en terre de Québec au dix-neuvième siècle, ne recèlent une part du mystère ?

520 pages, Ed. Babel, 2016. Trad. J.R. Dastugue

 

Le médecin d’Ispahan – Noah Gordon

Le Médecin d'Ispahan - Noah GordonJ’ai traîné avant de me lancer dans ce pavé, alors qu’il m’était chaudement recommandé par plusieurs personnes.

Difficile d’expliquer ce qu’est ce livre, si ce n’est un voyage vers une nouvelle vie, vers une vocation, qui ne peut être façonnée qu’à l’autre bout du monde.

On y découvre une certaine vision de la médecine, dans un monde qui mélange encore sacré et santé, où les religions façonnent les gens, mais où les balbutiements des transports permettent de s’ouvrir (très difficilement) à de nouvelles idées et de nouvelles cultures. Les avancées des uns, les retards des autres, les tours de magie et autres potions et onguents mais également les opérations de haut vol, les pages défilent et les aventures de notre héros Rob avec, sans ennui… Les personnages sont tous surprenants, humains et attachants. Tous vont devoir consentir à quelques sacrifices et arrangements avec la vérité…

J’ai passé un super moment de lecture, dans un univers riche, très visuel, presque comme un film (qui a l’air d’exister d’ailleurs), et je sais que c’est une histoire dont je me souviendrais. En préparant cette chronique, je lis avec plaisir qu’il y a d’autres tomes qui permettent de retrouver la famille Cole… et hop, sur ma liste de lecture!

Pour ceux qui seraient tentés par cette épopée médiévale et médicale, voilà la 4e de couverture (que j’ai élaguée: trop de détails qui en disent beaucoup sur l’histoire, excusez cette liberté!):

Londres, en l’an 1021. Orphelin, Rob J. Cole, neuf ans, est recueilli par un barbier-chirurgien et devient son apprenti. Ensemble, ils sillonnent l’Angleterre. C’est une époque où l’on brûle les sorcières, où la vie est dure et la mort vite venue… Mais Rob n’a qu’une idée en tête : devenir médecin … […]

Le Médecin d’Ispahan est un formidable roman d’aventures. C’est l’histoire d’un homme enflammé d’une passion dévorante : vaincre la mort et la maladie, guérir. Pour atteindre son but, il fuira la brutalité et l’ignorance de l’Angleterre du xie siècle, traversera tout un continent pour découvrir la cour de Perse, le monde étonnant des universités arabes et la chaude sensualité des palais d’Ispahan. Et, dominant tout cela, Le Médecin d’Ispahan est la magnifique histoire d’un amour que rien ne parvient à détruire.

Je le redis (au cas où ma chronique n’était pas assez claire): voilà un livre à lire!

603 pages, Ed. Le Livre de poche, 1990. Trad. D. Rist & S. Lamblin

L’apothicaire – Henri Loevenbruck

L'apothicaire - Henri Loevenbruck

J’ai longtemps tourné autour de ce livre, allez savoir pourquoi. J’ai aussi longtemps tourné autour de cette chronique, tant cette histoire est indéfinissable!

On y parle d’un apothicaire (sans blague!), et l’histoire s’ouvre dans le Paris médiéval. Pour une fois, la 4e de couverture est bien faite, elle n’en dit pas trop (il s’agit de toute façon d’un livre de presque 800 pages que 3 lignes auront du mal à résumer):

«Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme qui allait du nom d’Andréas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes…»

Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu’il avait oubliée… Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L’Apothicaire, poursuivi par d’obscurs ennemis, accusé d’hérésie par le roi Philippe le Bel et l’Inquisiteur de France, décide de partir à la recherche de son propre passé, de Paris à Compostelle, jusqu’au mont Sinaï.

Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L’Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Âge et les tréfonds de l’âme humaine.

Né en 1972. Henri Loevenbruck est écrivain, chanteur et compositeur. Auteur de thrillers et de romans d’aventure, il est traduit dans plus de quinze langues.

L’histoire commence presque comme une fresque historique, avec tous les ingrédients du roman d’époque, et puis les événements s’enchaînent, presque inexorables, et poussent notre cher Andréas Saint-Loup dans une direction surprenante, que lui même n’a pas envie de suivre. Plus on avance sur le chemin, plus l’histoire devient effectivement ésotérique, avec un petit côté « Da Vinci Code » et franchement, on a ENVIE de savoir ce qui va se passer ensuite. J’ai traîné dans ma lecture, mais j’ai lu, alors que beaucoup de livres me sont récemment tombés des mains, et j’ai vraiment passé un excellent moment, happée dans l’histoire.

Il faut accepter un petit côté surnaturel, sans quoi je vous déconseille fortement d’ouvrir ce livre. C’est une quête initiatique, avec tous les codes du genre, réflexions sur la vie, le chemin, la connaissance mais aussi des courses poursuites (à cheval, mais c’est quand même ça), des combats, des pièges, de la torture… et même quelques inquisiteurs franchement peu recommandables.

Je ne regrette absolument pas cette lecture, dont je suis quasi persuadée de me souvenir pendant un long moment.

797 pages, Ed. Editions 84 (J’ai Lu), 2013

Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa

Les délices de Tokyo - Durian SukegawaChers amis lecteurs,

Je vous ai complètement abandonnés, la faute à plein de choses (et à Voltaire, qui est forcément dans le coup)… sans promesse, je vais essayer de revenir écrire quelques petits mots ici de temps en temps.

Ce qui me fait revenir, ce sont deux livres japonais, lus récemment, que j’ai particulièrement appréciés mais aussi une petite saga fantastique avec de l’amour dedans, bref, j’ai quelques cartouches dans ma musette… J’ai lu beaucoup de navets aussi, de choses « jetables » et oubliables, tout ne mérite pas un article, loin de là!

Pour aujourd’hui, ce sera les délices de Tokyo, où comment les haricots Azuki vont devenir le centre de votre univers le temps d’un livre. Il nous entraîne là où on ne s’y attend pas, une histoire presque poétique, en tout cas très mélancolique et très jolie, sur la vie, les obstacles, les revanches, les réussites, la différence et le regard des autres. Rien que ça, mais, loin de faire une bouillie lourde et indigeste, on en fait une histoire d’abord légère, très fluide, qui se laisse tranquillement déguster.

On va donc bien au delà de la cuisine, qui est seulement ici ce qui rassemble. D’une histoire apparemment simple, on plonge ensuite dans une partie plus sombre de l’histoire du japon. Léger d’apparence, un peu moins au fur et à mesure des pages…

La 4e de couverture:

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

Vous l’aurez compris, je me suis totalement laissée porter par cette histoire, très vite lue, qui m’a donné envie de tester ces fameux dorayakis… et de voir le film, qui a été nommé à Cannes.

Et pour couronner le tout, une couverture ravissante.

Une très jolie découverte (qui aura aussi eu le mérite de me faire écrire ici!)

240 pages, Ed. Albin Michel, 2016. Trad. M. Dartois Ako

Une fibre meurtrière – Kylie Fitzpatrick

Une fibre meurtrière - Kylie Fitzpatrick Je sais, chers amis, je traîne et je ne publie pas. Je dois avouer que je ne lis pas plus, grosse période de disette… J’ai commencé, refermé, recommencé, etc plusieurs livres, et je peine à avancer sur celui du moment.

Mais, j’ai tellement de retard dans mes posts, que j’ai de la matière (à défaut d’avoir le temps) pour écrire ici!

Kylie Fitzpatrick a écrit la 9e pierre, et j’avais bien aimé l’univers, suffisamment en tout cas pour que cela me laisse un souvenir. J’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu qu’elle avait écrit une autre histoire, qui n’a d’ailleurs aucun rapport avec la première et je n’ai pas regretté!

La couverture est agréable, le titre parfait (c’est rare!) et l’histoire complexe mais divertissante. Bon, malheureusement, le résumé version poche en dit bien trop, donc je préfère ne laisser que la version broché: A la croisée du roman historique et du thriller, Kylie Fitzpatrick signe un subtil et élégant polar victorien qui entraînera le lecteur de la Grande-Bretagne à l Australie en passant par les mers de Chine, dans les méandres du commerce maritime britannique du XIXe siècle, sur les traces d une femme courageuse qui se bat pour trouver sa place dans un monde d hommes.

Et ça suffit bien…. On se laisse prendre par le charme de l’histoire, même si les personnages mettent, pour certains, un peu de temps à se mettre en place. J’ai relu mon post sur la 9e pierre, et c’est la même chose, c’est un livre qui a besoin d’un peu de temps pour se mettre en place. Mais on voyage, on apprend, on frémit avec les personnages… Je valide! Très bon souvenir de lecture de cet été.

Si vous aimez les polars/thrillers/romans historiques/livres avec des femmes fortes..GO!

590 pages, Ed. Actes Sud Editions, 2014. Trad. C. Schwaller