Les illusions de Sav-Loar – Manon Fargetton

Les Illusions de Sav Loar - Manon FargettonDe cette auteure (jeune et française, vous savez dans quel état ça me met), j’ai lu le très bon tome précédent, l’Héritage des Rois Passeurs.

Et c’est bien un « tome » précédent, même si j’ai franchement mis du temps à raccrocher les wagons! En fait, l’histoire se déroule bien avant, pendant et après le tome précédent, la ligne narratrice court sur de nombreuses années, donc les choses ont besoin de se mettre en place. L’histoire est prenante, j’ai été très vite entraînée dedans, mais j’ai bien vérifié deux ou trois fois que je pensais bien lire ce que je lisais!

Bref! Ne vous attendez donc pas à une suite, c’est un peu plus compliqué que ça, mais en gâche en rien le plaisir de la lecture; au contraire, j’ai été intriguée et ça donne encore plus envie d’en savoir plus, et c’est assez original (mais déroutant, que voulez vous, je suis une créature d’habitudes!). Je dois avouer tout de même qu’il est, finalement, sûrement assez facile de recoller les morceaux mais que, ayant lu le livre précédent il y a un an, je ne m’en souvenais pas forcément. Rafraîchissez vous la mémoire rapidement avant, éventuellement, ça peut peut être aider à tilter plus vite!

On suit, dans cette histoire, un petit groupe d’individus, qui se construit malgré eux, se fait et se défait au gré des pages, dans un contexte de fantasy pure: les hommes ont le droit de détenir des pouvoirs magiques, quand les femmes qui en ont sont pourchassées et tuées, sauf si elles arrivent à s’échapper à Sav Loar, havre de paix qui leur est destiné.

Le tout sur fond de guerre de royaumes, d’intrigues politiques, de despotes cruels, de volontés vengeresses, ….

Evidemment, ce groupe constitué de bric et de broc va se mettre en route pour Sav Loar, pour accompagner une demoiselle au potentiel intéressant, rencontrer sur sa route moults obstacles… et ce sera le début de la suite, puisque l’histoire se construit en plusieurs parties, toutes différentes, autour de personnages qui le sont également. Et concernant les personnages, justement, ils sont tous hyper attachants et se dévoilent au fil des pages pour mieux nous surprendre!

Ce livre, pour moi, peut difficilement se lire sans le précédent, sans quoi la fin est un peu incompréhensible, donc pas besoin de détailler le résumé: vous avez aimé le premier, hop, on lit le second.

Voilà une auteure qui me plaît bien, et je retrouverai ses prochaines histoires avec plaisir, qu’elles soient, ou non, en Ombre!

664 pages, Ed. Bragelonne, 2016

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Tous les démons sont ici – Craig Johnson

Tous les démons sont ici - Craig JohnsonWoulala! Ce livre commence sur les chapeaux de roues, dès le bandeau très modeste sur la couverture: « une traque sous haute tension, un rythme à vous couper le souffle » complété par un petit mot (très modeste à nouveau): « des personnages formidables, un humour plein d’esprit, un détective brillant et un immense amour pour le Wyoming ».

Bon, donc j’admets que je me méfie: terrible coup de bluff ou terrible bouquin tout court? Ajoutez là dessus de supers notes chez mon libraire virtuel… Quelle pression!  Lire la suite

Projet Anastasis – Jacques Vandroux

Projet_anastasis-jacques_vandroux Difficile de passer à côté de cette histoire chez mon Ami libraire virtuel, ce livre est partout. 411 commentaires au moment où j’écris cet article, et une note de 4.5, forcément, ça intrigue.

Éditeur malin qui propose un tarif intéressant ET une accroche modeste qui dit: « Un thriller dans la lignée de Jean-Christophe Grangé et de Dan Brown.
Un auteur plébiscité par les lecteurs avec déjà 400 000 exemplaires vendus dans le monde. » 

Le suspense est à son comble et on a qu’une seule envie, lire! Je me suis lancée avec enthousiasme (un bon ami à moi, évidemment), et, malheureusement, j’ai un peu ralenti au fur et à mesure des pages pour fini par activer, par moments, ma lecture en diagonale. Pourquoi? parce que c’est long, voire longuet. Dans ce genre de lecture, j’ai envie de quelque chose de pêchu, qui n’arrête pas, qui me secoue.. et c’est effectivement le cas, mais avec quelques pages en trop à mon goût.

C’est un thriller qui coche toutes les cases du genre, et qui, parfois, bascule dans le cliché. Je trouve (mais c’est facile à dire pour moi qui ne fait « que » lire) qu’à trop vouloir en faire, ça nuit à l’histoire: trop de pages, trop de clichés, trop d’aventures (le pauvre héros doit être épuisé après toutes ces péripéties…) et du coup, on arrive avec une histoire assez improbable, que l’on pardonne parfois (Da Vinci code était pas franchement probable, qu’on soit très clairs, si?) mais qui là, m’ont laissée un peu perplexe. Tom Cruise, une fois remis de son aventure de Momie, pourrait tout à fait incarner le héros, il passe d’épreuve en épreuve un peu partout en France et en Europe, trouve de l’aide partout (le réseau poussé à son extrême!!), prend quand même quelques coups au passage mais finit par embrasser la jolie Dame en détresse….

Bref, les notes hyper positives et les commentaires dithyrambiques ont un compliqué la donne en mettant la barre un peu haut …! Je suis déçue d’être déçue, j’avais ENVIE de lire un super thriller… et je n’ai pas trouvé chaussure à mon pied.

Cet auteur, ou devrais-je dire auteurs puisque Monsieur ET Madame Vandroux tiennent la plume, est prolifique et largement plébiscité par les lecteurs, une sorte de succès story que seule internet sait faire, avec auto-publication au départ, grosse maison d’édition ensuite, etc. C’est une chouette histoire! Et à nouveau, me voilà déçue d’être déçue. Un thriller Français qui se passe en France? J’aurais aimé aimer. Il faut avouer aussi que le contexte n’est peut être pas bon; le livre s’ouvre sur un attentat à Notre Dame, et bien que l’auteur précise que ce n’est que fiction et que le livre a été écrit avant tous les événements qui nous endeuillent et inquiètent, j’ai été un peu mal à l’aise au début. On change radicalement de discours ensuite, mais le malaise a un peu persisté!

Je me réserve le droit de lire (ou pas) une autre histoire de l’auteur. Elles ont toutes l’air d’être indépendantes les unes des autres, donc il y a peut être moyen que d’autres histoires me plaisent?

En quelques mots, le résumé en dit toujours un peu trop: blessée lors de l’attentat de Notre Dame, une femme confie son enfant à un inconnu, qui disparaît dans la foule. Lorsqu’elle reprend connaissance, et constatant l’inaction des services de police, elle cherche l’enquêteur qui l’aidera. Commence alors une véritable chasse à l’homme, sur fond de complot d’ampleur internationale et de secrets de famille, où une partie de l’histoire qu’on aurait voulu garder profondément enterrée réapparaît …

524 pages, Ed. Robert Laffont, 2017

L’île du serment – Peter May

L'île du serment - Peter MayJ’ai lu tout (sinon tout, du moins beaucoup) de Peter May. Grand chouchou avec la saga chinoise que j’ai dévorée, surprenant avec la saga écossaise (quel changement de décor et d’ambiance!), bref, je ne suis pas sûre d’être tout à fait objective quand il s’agit de cet auteur.

On embarque cette fois ci pour un décor radicalement différent, les îles de la Madeleine, loin, là haut, au Canada. Huis clos étouffant, mais ce n’est pas une nouveauté dans le style de l’auteur. Paysages magnifiques, bouffées d’air frais et pur, on vit la nature comme dans tous les autres romans de l’auteur, et, alors que j’ai lu le livre il y a quelques temps, c’est vraiment cette partie là que je garde de manière très précise en mémoire.

L’histoire est d’apparence assez banale, un meurtre à résoudre, un suspect facile, mais elle prendra une dimension différente, un peu mystique, pour faire écho à des événements survenus quelques siècles plus tôt.

Ce n’est donc pas un polar conventionnel, mais plutôt un roman qui mêle intrigue policière, roman d’aventures (par le côté nature, découverte d’un endroit méconnu, etc – pas du tout par l’action) mais également une belle histoire d’amour, un peu mélancolique par moments. Ingrédients qui peuvent ne pas plaire aux amateurs de polars purs jus… J’ai accepté de me laisser entraîner dans l’histoire, et même si je reconnais volontiers que ce n’est pas le meilleur que j’ai lu de cet auteur, c’est tout de même un moment fort sympathique, et rien que pour l’air chargé d’iode et d’embruns que j’ai pu respirer pendant quelques pages, j’étais ravie du voyage.

Les fans de Peter May suivront, je suis moins convaincue que les autres nous retrouveront. Si toutefois vous n’êtes pas lecteur, jetez vous sur la série chinoise et/ou sur la série écossaise, vous ne serez pas déçus!

Pour la 4e de couverture: Kirsty Cowell a-t-elle poignardé son mari à mort, cette nuit tourmentée sur Entry Island, à l’extrême-ouest du Canada ? Tous le croient, tout l’accable et pourtant Sime Mackenzie, l’enquêteur chargé de l’interroger, ne peut se résoudre à l’accuser. Mais cet étrange sentiment de familiarité qu’il éprouve à son égard n’est-il pas une arme dangereuse offerte à une femme manipulatrice ? À moins que les rêves étranges qui le ramènent à la vie de son aïeul, émigré des Hébrides en terre de Québec au dix-neuvième siècle, ne recèlent une part du mystère ?

520 pages, Ed. Babel, 2016. Trad. J.R. Dastugue

 

Le médecin d’Ispahan – Noah Gordon

Le Médecin d'Ispahan - Noah GordonJ’ai traîné avant de me lancer dans ce pavé, alors qu’il m’était chaudement recommandé par plusieurs personnes.

Difficile d’expliquer ce qu’est ce livre, si ce n’est un voyage vers une nouvelle vie, vers une vocation, qui ne peut être façonnée qu’à l’autre bout du monde.

On y découvre une certaine vision de la médecine, dans un monde qui mélange encore sacré et santé, où les religions façonnent les gens, mais où les balbutiements des transports permettent de s’ouvrir (très difficilement) à de nouvelles idées et de nouvelles cultures. Les avancées des uns, les retards des autres, les tours de magie et autres potions et onguents mais également les opérations de haut vol, les pages défilent et les aventures de notre héros Rob avec, sans ennui… Les personnages sont tous surprenants, humains et attachants. Tous vont devoir consentir à quelques sacrifices et arrangements avec la vérité…

J’ai passé un super moment de lecture, dans un univers riche, très visuel, presque comme un film (qui a l’air d’exister d’ailleurs), et je sais que c’est une histoire dont je me souviendrais. En préparant cette chronique, je lis avec plaisir qu’il y a d’autres tomes qui permettent de retrouver la famille Cole… et hop, sur ma liste de lecture!

Pour ceux qui seraient tentés par cette épopée médiévale et médicale, voilà la 4e de couverture (que j’ai élaguée: trop de détails qui en disent beaucoup sur l’histoire, excusez cette liberté!):

Londres, en l’an 1021. Orphelin, Rob J. Cole, neuf ans, est recueilli par un barbier-chirurgien et devient son apprenti. Ensemble, ils sillonnent l’Angleterre. C’est une époque où l’on brûle les sorcières, où la vie est dure et la mort vite venue… Mais Rob n’a qu’une idée en tête : devenir médecin … […]

Le Médecin d’Ispahan est un formidable roman d’aventures. C’est l’histoire d’un homme enflammé d’une passion dévorante : vaincre la mort et la maladie, guérir. Pour atteindre son but, il fuira la brutalité et l’ignorance de l’Angleterre du xie siècle, traversera tout un continent pour découvrir la cour de Perse, le monde étonnant des universités arabes et la chaude sensualité des palais d’Ispahan. Et, dominant tout cela, Le Médecin d’Ispahan est la magnifique histoire d’un amour que rien ne parvient à détruire.

Je le redis (au cas où ma chronique n’était pas assez claire): voilà un livre à lire!

603 pages, Ed. Le Livre de poche, 1990. Trad. D. Rist & S. Lamblin

L’apothicaire – Henri Loevenbruck

L'apothicaire - Henri Loevenbruck

J’ai longtemps tourné autour de ce livre, allez savoir pourquoi. J’ai aussi longtemps tourné autour de cette chronique, tant cette histoire est indéfinissable!

On y parle d’un apothicaire (sans blague!), et l’histoire s’ouvre dans le Paris médiéval. Pour une fois, la 4e de couverture est bien faite, elle n’en dit pas trop (il s’agit de toute façon d’un livre de presque 800 pages que 3 lignes auront du mal à résumer):

«Il vécut à Paris en l’an 1313 un homme qui allait du nom d’Andréas Saint-Loup, mais que d’aucuns appelaient l’Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes…»

Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu’il avait oubliée… Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L’Apothicaire, poursuivi par d’obscurs ennemis, accusé d’hérésie par le roi Philippe le Bel et l’Inquisiteur de France, décide de partir à la recherche de son propre passé, de Paris à Compostelle, jusqu’au mont Sinaï.

Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L’Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Âge et les tréfonds de l’âme humaine.

Né en 1972. Henri Loevenbruck est écrivain, chanteur et compositeur. Auteur de thrillers et de romans d’aventure, il est traduit dans plus de quinze langues.

L’histoire commence presque comme une fresque historique, avec tous les ingrédients du roman d’époque, et puis les événements s’enchaînent, presque inexorables, et poussent notre cher Andréas Saint-Loup dans une direction surprenante, que lui même n’a pas envie de suivre. Plus on avance sur le chemin, plus l’histoire devient effectivement ésotérique, avec un petit côté « Da Vinci Code » et franchement, on a ENVIE de savoir ce qui va se passer ensuite. J’ai traîné dans ma lecture, mais j’ai lu, alors que beaucoup de livres me sont récemment tombés des mains, et j’ai vraiment passé un excellent moment, happée dans l’histoire.

Il faut accepter un petit côté surnaturel, sans quoi je vous déconseille fortement d’ouvrir ce livre. C’est une quête initiatique, avec tous les codes du genre, réflexions sur la vie, le chemin, la connaissance mais aussi des courses poursuites (à cheval, mais c’est quand même ça), des combats, des pièges, de la torture… et même quelques inquisiteurs franchement peu recommandables.

Je ne regrette absolument pas cette lecture, dont je suis quasi persuadée de me souvenir pendant un long moment.

797 pages, Ed. Editions 84 (J’ai Lu), 2013